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La serre bioclimatique urbaine : jeune pousse encouragée par le Geres

visite-serre-bioclimatique-paysan-urbain-scaled Visite du Geres

Après une implantation à Paris, le Paysan Urbain, association d’agriculture urbaine agro-écologique spécialisée dans la culture de micro-pousses, s’est installée à Marseille en 2018. Une de ses particularités : être le premier acteur marseillais à cultiver sous serre bioclimatique. Fin septembre, l'équipe du Geres* qui les accompagne depuis le début est venue leur rendre visite. Article avec Geres, Anna Reverte et Aurélie Levet

« Recréer du lien entre végétal et minéral, comme entre urbains et ruraux », voilà le pari que s’est lancé Benoit Liotard, fondateur du Paysan Urbain dans la Cité Phocéenne.

Le Paysan Urbain  a souhaité en 2019 faire appel au Geres pour élever ses micro-pousses de la manière la plus naturelle et économe possible sous une serre de 350 m2.

Depuis la mise en place, l'équipe leur rend régulièrement visite pour les aider à optimiser au mieux l’efficacité énergétique de leur installation bioclimatique. Ils témoignent.

Suivi des serres bioclimatiques

"Avec l’appui technique du bureau d’études Agrithermic et le Goupe de recherche en agriculture biologique (GRAB) et le soutien financier de l’ADEME, nous aidons les agriculteur.rice.s en région Provence-Alpes Côte d’Azur, à maîtriser leurs consommations énergétiques en les accompagnant dans la mise en place et le suivi de leur serre bioclimatique", explique le Geres.

"Un concept qui leur permet de sécuriser leur exploitation grâce à l’énergie solaire, captées et stockées à l’aide de masses thermiques (bidons noirs souvent), disposées sous les tables de culture ou sur un mur, pour enfin restituer cette chaleur en période froide ou nuageuse".

Difficile de trouver des terres en ville non polluées

« Ici, au Cloître, nous avons de la chance, nous sommes en hauteur avec peu de circulation autour. Il y a eu peu de maraîchage, c’est rare de trouver des terres maraichères en ville qui ne soient pas polluées. »  avoue Benoit.

Hissé dans les hauteurs de Marseille, la micro-ferme agroécologique de Benoit et ses 3 comparses (Benjamin Denjan, Arnaud Mispolet et Cécile Trousseau-Petche) entoure Le Cloître. Un très beau patrimoine historique fraîchement rénové marqué par 2 hectares verdoyants où se côtoient : associations, restaurant et entreprises engagés au service de l’inclusion professionnelle.

Car, plus qu’une structure d’agriculture urbaine locale et responsable, l’association Le Paysan Urbain favorise elle-aussi l’inclusion sociale et la mixité sociale. Son objectif est de créer des emplois valorisants pour des personnes en difficulté et les préparer à une réinsertion professionnelle réussie.

Aujourd’hui, ils sont une dizaine de salariés en insertion professionnelle sur le site marseillais avec 3 adultes relais sur l’animation dans les écoles, sensibilisation à l’alimentation saine, l’environnement et la biodiversité. En plus d’une serre bioclimatique de 350m², le Paysan Urbain compte aussi un jardin pédagogique pour accueillir tous les publics.

Et côté employé, tout le monde met la main à la patte !

Témoignage de Souleyman, employé réinsertion professionnelle paysan urbain, et Fatma, employée sur le site et en réinsertion professionnelle

« Ça fait un an que je travaille chez le Paysan Urbain à Marseille. Je m’occupe de tout ici. Jardinage, semis, arrosage, récolte, préparation des commandes, bricolage…On touche à tout et surtout, on fait tout avec les garçons ! »

Souleyman est lui aussi en insertion professionnelle depuis 1 an chez le Paysan Urbain. Avant d’arriver, il ne connaissait pas le concept de serre bioclimatique. Ici, au grand air, il se sent utile.

« Ces micro-pousses en milieu urbain demandent du soin et de la main d’œuvre. C’est pour ça qu’on travaille avec des salariés en insertion, éloignés de l’emploi à la base. C’est aussi tout une démarche de reprise de confiance. Il faut être capable d’apporter du soin à une culture. Pour la plante et pour soi, il faut être délicat. C’est valorisant pour l’employé car il sait que la culture se retrouve dans les restaurants haut de gamme. » ajoute Benoit.

En salade, dans une soupe ou en accompagnement d’un poisson, ces double-feuilles issues de la graine de légumes ou d’herbes sont récoltées précocement, puis fraîchement vendues chaque semaine par 30 kg auprès de 200 restaurants réputés du centre-ville de Marseille et chez plusieurs grossistes de la région.

Le petit Nice Passédat et le Sofitel font par exemple partie des clients habitués du Paysan Urbain.

Recette Paysan Urbain Micro Pousse
Copyright : Priscilla Davigny, photos prises au restaurant marseillais Bubo.

« Les chefs aiment bien accorder leurs plats avec des micro-pousses d’aneth ou de fenouil, du basilic ou de la coriandre qui sont plutôt aromatiques. Ou même avec les brocolis, qui sont très doux. » confie le fondateur.

De A à Z, la culture de micro-pousses est soutenue par le label ECOCERT. Hors de question donc, d’y ajouter quelconque produit chimique.

Charlotte, 24 ans, travaille sous serre bioclimatique depuis 1 mois et ne cache pas son soulagement de travailler sans fertilisant :

« Avant je travaillais dans l’horticulture et ma dernière mission s’est soldée par de l’eczéma
sur les bras. Ici, je respire. »

Lors d’une visite sur place, les équipes de Geres font le tour de la serre avec Benoit, le fondateur, et évaluent ensemble les performances de la serre bioclimatique. Les éléments suivis tout particiulièrement sont la disposition des micro-pousses, la température intérieure et extérieure, l’évaluation des masses thermiques, les séquences nuageuses, les nuits de gel…

« Nous avons répartis les espèces par table en fonction de leur besoin en eau et en lumière. C’est en train de s’ajuster et l’idée c’est que ça s’arrête de bouger.» nous explique Benoit.

 

Sous cette serre bioclimatique, dite « conductive », des bidons noirs remplis d’eau (masses thermiques) sont positionnés sous les tables où grandissent les micro-pousses. Ils stockent alors la chaleur quand il fait chaud et la restituent dès que la température de l’air baisse.

Modèle Serre bioclimatique Marseille Geres Paysan Urbain

« Le temps d’élevage d’une micro-pousse varie selon les espèces et les saisons. Depuis que nous avons mis la serre bioclimatique en place, ça va de quelques jours en été et jusqu’à 3 à 4 semaines en hiver. » nous raconte Benoit en se basant sur les derniers mois.

Le but au Geres est de faire en sorte qu’en hiver, il fasse le plus chaud possible dans la serre par rapport à l’extérieur et qu’en été, il fasse le plus frais possible.

C’est pourquoi, afin de mieux aider le Paysan Urbain dans la gestion de sa serre et de réajuster au mieux, les équipes ont disposé en haut de la serre, au milieu et à l’extérieur, des thermomètres pour pouvoir mesurer l’évolution de la température.

À chaque visite, l'équipe du Geres calcule l’inertie, la durée de stockage des bidons, fait des analyses par rapport à la météo, les moments de nuages et aiguille au mieux l’association.

Dernièrement, Benoit a en effet acquis un écran thermique installé tout le long du plafond de la serre bioclimatique. Ce dernier doit lui permettre de conserver la chaleur et d’éviter le gel en période froide. Un outil qui devrait se révéler très utile pour l’hiver prochain. A suivre

 

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