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Une ferme verticale de salades à Tokyo

 

Au 12ème étage d'un centre commercial du quartier chic de Ginza à Tokyo, laitues, romaines et batavias sont ici cultivées hors-sol, confinées dans des chambres stériles, sous les projecteurs de LED. Les 300 salades produites chaque jour alimentent la cafétéria, le restaurant, et le rayon alimentation du centre commercial.

 

Techniques et technologies

 

Charlotte blanche sur la tête et tablette numérique à la main, les trois employés de cette ferme verticale règlent le moindre des paramètres de l'atmosphère de la salle aseptisée et bardée de capteurs. "Exposition à la lumière, température, aération, taux d'humidité, taux de CO2... Tout est ici scrupuleusement programmé afin de garantir un environnement stabilisé", explique la responsable de production Yuya Oiwa. « Débarrassés des aléas météorologiques, on assure un rendement cent fois supérieur et des récoltes tout au long de l'année ».
Les semences d’abord intégrées dans un substrat spongieux et irriguées par une solution nutritive, puis exposées à la lumière de milliers d’ampoules LED reproduisant artificiellement le cycle du soleil (les LED permettent aussi de jouer sur différentes longueurs d'onde : la lumière bleue pour la croissance, la rouge pour libérer les antioxydants et accentuer leur teneur en vitamine C). Le tout dans deux salles aseptisées, où la température (maintenue à 23 °C), le taux de CO2 et celui d’humidité sont régulés au fur et à mesure de la croissance des plantes.

« Pour accélérer la photosynthèse et augmenter les rendements, on injecte régulièrement du dioxyde de carbone via des ventilateurs, utilisés également pour réguler la température des lieux », poursuit-elle.

 

Une facture énergétique salée 

 

Toutefois, l’exemplarité environnementale n’est pas encore au rendez-vous. Comme l'explique Hiroshi Shimizu, professeur au laboratoire d'ingénierie agricole de l'université de Tokyo : "Entre les LED et le recours massif à la ventilation, la facture énergétique reste salée, et ces coûts viennent s'ajouter à ceux des investissements lourds pour développer les unités de production. L'équilibre économique est délicat à trouver et seule une usine à végétaux sur quatre est aujourd'hui rentable! 

Par ailleurs, les progrès apportés pat les LED par rapport au néon fluorescent ont beau être spectaculaires, il reste un saut technologique à franchir en la matière». Sans quoi les trois quarts des usines à végétaux risquent bien de rester déficitaires. Ou de continuer à limiter leur production aux légumes à feuilles et aux plantes aromatiques, moins énergivores que le riz ou les céréales.

 

350 fermes urbaines au Japon

 

Au Japon où la terre est une denrée rare, où 65% des agriculteurs ont plus de 65 ans, où le drame de Fukishima reste dans les mémoires et rend le consommateur méfiant, l'agriculture urbaine est en plein boom, fortement soutenue par le gouvernement depuis 2009. Le nombre de fermes verticales indoor a explosé, passant de 61 en 2011 à plus de 350 aujourd'hui : des investissements, estimés à plusieurs centaines de millions d’euros, plaçant le Japon comme un pays leader dans le domaine de l’agriculture verticale.

 

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Le Japon mise sur les fermes usines

Pour en savoir plus: http://spread.co.jp/en/company/

 

 

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