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Des gambas en production locale, en région nantaise


La start-up nantaise LISAqua produit, sans rejets polluants, des gambas fraîches, dépourvues d'antibiotiques. Elle vient de recevoir de bpifrance une aide de 1,4 million d'euros pour financer une ferme pilote dans la métropole nantaise. Avec Ophélie Colas des Francs, paru dans LesEchos Business, le 24 août 2020.

 



Equateur ou Madagascar. Voilà généralement la provenance des gambas proposées sur les étals des poissonniers. Des crevettes parfois bourrées d'antibiotiques et issues d'élevages intensifs aux rejets polluants. En 2018, Charlotte Schoelinck, docteure en biologie marine, Gabriel Boneu, entrepreneur HEC Paris, Caroline Madoc, ingénieure Mines ParisTech, lancent LISAqua (pour Low-Impact & Sustainable Aquaculture).

 

La start-up ambitionne de produire en France, à échelle industrielle, des gambas fraîches, locales selon un principe de « triple zéro » : zéro antibiotique, zéro kilomètre, zéro rejet polluant. « L'idée est de les produire dans les fermes terrestres pour mieux contrôler les rejets et s'affranchir des antibiotiques car le milieu est fermé et indemne de parasites pathogènes », explique le cofondateur de LISAqua, qui base sa recherche sur des process technologiques innovants de modélisation prédictive de la qualité de l'eau et d'élevage « indoor ».

 

Le principe de la "permaquaculture"

 

En 2018, Charlotte Schoelinck, docteure en biologie marine, Gabriel Boneu, entrepreneur HEC Paris, Caroline Madoc, ingénieure Mines ParisTech, lancent LISAqua : Low-Impact & Sustainable Aquaculture. - LISaqua
La ferme circulaire fonctionne ainsi selon le principe de la permaculture ou plutôt, ici, « permaquaculture » : différentes espèces marines complémentaires sont associées pour utiliser leurs interactions bénéfiques qui permettent de filtrer l'eau et de valoriser les rejets.

 

Et le goût ? Les entrepreneurs ont produit dans leurs bassins d'expérimentation à Chantenay (Loire-Atlantique), au début de l'année 2020, 30 kilos de gambas vendus à des poissonniers et des restaurateurs. « Nous avons eu de très bons retours, se réjouit Gabriel Boneu. Ce sont des produits ultra-frais avec une texture supérieure à celles des gambas surgelées. »


Construire une ferme pilote


En 2019, la jeune pousse a ouvert son capital au fonds régional Litto Invest et à des business angels pour recruter et réunir des fonds pour la construction d'une ferme pilote. En juin dernier, ce premier financement a été complété par bpifrance, à hauteur de 1,4 million d'euros, dans le cadre du plan Deeptech. Une manne qui lui permet de procéder à trois nouveaux recrutements pour renforcer son équipe de R&D et de poursuivre son développement en partenariat avec des laboratoires publics, dont Agrocampus Ouest et l'université de Nantes.

La construction de la ferme pilote est un premier pas vers l'industrialisation de sa production. « Nous allons produire 12 tonnes de gambas par an à partir de 2021, avec l'objectif d'atteindre les 100 tonnes annuelles », poursuit Gabriel Bonneu. Pour cela, LISAqua prévoit de coupler l'aide Deeptech à une nouvelle augmentation de capital fin 2020.

 

 LISaqua devra commercialiser ses gambas

Restera à commercialiser les gambas. « Nous allons devoir affiner le prix, le message. Il existe peu de marketing sur les produits de la mer », note-t-il.
La start-up part avec des atouts en main. Les Français, de plus en plus adeptes du bio et du local, sont friands de gambas : la France en importe 80.000 kilos chaque année...

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