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Les espaces verts en ville cruciaux pour la santé mentale

 

Une étude danoise de 2019, menée par Kristine Engemann et son équipe de l'université d'Aarhus, explore l'impact des espaces verts en ville sur la santé mentale des enfants et adultes. Alors qu'avant l'état de la recherche ne suggérait qu'un lien flou, cette étude confirme scientifiquement cette corrélation et encourage la réintroduction d'espaces naturels, récréatifs ou productifs, en milieu urbain. Avec déjà 50% de la population mondiale vivant en ville, ainsi qu'une urbanisation continue, ces conclusions sont décisives pour la santé et la qualité de vie humaines.

 

Le manque d'espaces verts en ville peut augmenter les risques psychiatriques des locaux jusqu'à 55%

 

Comme à la manière d'un médicament, les chercheurs ont analysé la relation dose-effet (ou exposition-réponse), c'est-à-dire les effets mentaux produits en réaction à chacune des différentes densités d'espace naturels en ville. Dans les plus de 900 000 individus adultes étudiés, répartis dans tout le Danemark, ils remarquent que ceux qui vivent proches de la plus faible densité en ville ont entre 15 et 55% plus de risques de développer un trouble psychiatrique (anxiété, bipolarité, anorexie, etc.). Et les enfants bénéficient encore plus sensiblement de l'exposition aux espaces verts, bénéfices qui se prolongent avec une santé mentale adulte plus résistante. Ces effets long-termes ne sont garantis que par une présence prolongée tout au long de l'enfance. Bien sûr, il y a probablement des différences qualitatives entre faire des longues randonnées en forêt et passer devant un parc tous les jours en allant au travail. Mais l'étude montre que la simple présence de ces espaces verts contribuent déjà à la santé.

 

Les mécanismes physiologiques et psychologiques sous-jacents sont encore à découvrir, mais des pistes existent concernant les effets des espaces verts sur la gestion du stress ou encore le renforcement du système immunitaire. Malgré ces manques, l'étude met en lumière un élément très encourageant de cette relation dose-effet : il n'y a pas de plafond. C'est-à-dire que les effets mentaux des espaces verts ne sont pas limités au-délà d'un certain seuil de proximité. Plus les espaces verts sont présents en ville, plus ses habitants en bénéficieront progressivement. On comprend que les chercheurs préconisent une renaturation urbaine immédiate.

 

Clément Cardon

 

Pour accéder à ce travail de recherche (en anglais), veuillez cliquer sur ce lien

 

 

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