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La Cour des comptes européenne alerte sur la perte de biodiversité des terres agricoles

 

Dans un rapport spécial "Biodiversité des terres agricoles : la contribution de la PAC n'a pas permis d'enrayer le déclin" rendu public vendredi 5 juin 2020, la Cour des comptes européenne constate l'échec de la Politique agricole commune (PAC) à "inverser la tendance à la baisse que connaît la biodiversité depuis des décennies". Selon ce texte, "l'agriculture intensive reste l'une des principales cause de la perte de biodiversité".

Le document met en exergue "des lacunes dans la stratégie de l'UE en faveur de la biodiversité à l'horizon 2020, ainsi que dans la coordination de cette stratégie avec la PAC (...) le suivi, par la Commission, des dépenses de la PAC consacrées à la biodiversité n'est pas fiable, et la majeure partie des fonds de cette politique a un impact positif limité dans ce domaine. Certains régimes de la PAC offrent un plus grand potentiel d'amélioration de la biodiversité, mais la Commission et les États membres ont privilégié les options à faible impact ".

Dans l'Union européenne, les populations d'oiseaux des champs et de papillons de prairies ont diminué de plus de 30% depuis 1990. Un déclin attribué à l'agriculture intensive jugée par la Cour des comptes européenne comme "l'une des principales causes de la perte de la biodiversité qui a entraîné une diminution de l'abondance et de la diversité de la végétation naturelle et, par suite, de celles des espèces animales".

 

57 agriculteurs interrogés

 

Pour l'alimenter, les auditeurs de ce rapport se sont rendus dans cinq pays (Allemagne, Irlande, Pologne, Roumanie et Chypre), ont enquêté dans cinq autres (Bulgarie, Danemark, Estonie, Italie et Portugal) et ont procédé à des entretiens structurés avec cinquante-sept agriculteurs portant sur les pratiques agricoles de douze Etats membres (Tchéquie, Danemark, Allemagne, Espagne, France, Irlande, Italie, Hongrie, Pologne, Portugal, Suède et Royaume-Uni).

 

L'UE fixe des normes environnementales et cofinance la plupart des dépenses agricoles des Etats membres. Sur la période 2014-2020, la Commission européenne a prévu ainsi de consacrer 86 Mds€ à la biodiversité, dont 66 Mds€ provenant de la PAC. Les paiements directs dans le cadre de la PAC représentent environ 70 % des dépenses agricoles de l'UE.

 

Vers un secteur durable et compétitif

 

"La stratégie en faveur de la biodiversité à l'horizon 2030 et la proposition pour la PAC après 2020 doivent permettre à cette dernière d'être plus réactive face à des défis tels que la perte de biodiversité, le changement climatique ou le renouvellement des générations, tout en continuant à aider les agriculteurs européens dans l'optique d'un secteur agricole durable et compétitif", souligne Viorel Stefan, membre de la Cour des comptes européenne et responsable de ce rapport.

Le document formule en conclusion plusieurs recommandations à la Commission européenne comme "envisager de lier plus étroitement le niveau de cofinancement de différentes mesures à l'évaluation de leur impact sur la biodiversité", "élaborer des indicateurs fiables de la biodiversité des terres agricoles qui permettent d'évaluer les incidences positives et négatives des instruments de la PAC" ou encore "définir, conjointement avec les Etats membres, des actions concrètes et mesurables, à mettre en oeuvre pour une échéance donné (...) en faveur de la biodiversité pour l'après-2020".

Rapport complet

 

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