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Au salon de l’agriculture, un horticulteur œuvre pour l’insertion

 

Portrait Depuis deux ans, Nicolas Fescourt s’est lancé dans l’horticulture en Seine-Saint-Denis (93), avec pour objectif l’insertion professionnelle des personnes en difficulté… tout en luttant contre certaines aberrations écologiques. Article de La Croix, de Cécile Bertrand, le paru le 26 février 2020




Pour la première fois, des acteurs de l’agriculture urbaine du très urbanisé département de Seine-Saint-Denis foulent la moquette du salon de l’agriculture. Parmi eux, Nicolas Fescourt, 27 ans, qui représente la partie horticulture de l’association Halage. Depuis 1994, la structure œuvre pour l’insertion sociale et professionnelle, par l’agriculture urbaine, des personnes éloignées de l’emploi.

 

Nicolas Fescourt a intégré Halage lors de sa formation en alternance clôturant son master en management des organisations d’insertion. L’horticulture s’est imposée par hasard, suite à un double constat : « 85 % des fleurs vendues en France sont importées et le taux de chômage est très important en Seine-Saint-Denis. »

En mars 2018, l’aventure des fleurs est lancée. Éclosent le « Jardin du curé » (sur l’Ile Saint Denis) et « le potager du 17e » (Paris), pour un total de 300 m2 de production sous serre et 500 m2 carrés de production en plein champ. En juin 2019 « Lil’O » (Île-Saint-Denis) ajoute une serre de 1 600 m2 et 3 000 m2 de production en plein champ.


Une écologie sociale


Les fleurs de Halages « poussent à moins de 10 km des boutiques que nous livrons en véhicules électriques », décrit Nicolas Fescourt. La production bénéficie de soins similaires : « Les phytosanitaires sont bannis. Les engrais sont des excréments du centre équestre voisin. Les serres ne sont pas chauffées et nous collectons l’eau de pluie », énumère l’horticulteur. Des efforts qui profitent à la quinzaine de salariés en contrat à durée déterminée d’insertion (CDDI). « En 2019, ils étaient trois. Deux ont été embauchées comme jardiniers à la mairie de Paris et l’autre est devenu fleuriste : un taux de retour à l’emploi de 100 % », se félicite-t-il.

 

Au salon de l’agriculture, « nous essayons de redorer l’image de l’insertion et de trouver des employeurs pour nos salariés. Nous faisons aussi de la pédagogie : peu de consommateurs ont conscience qu’acheter certaines fleurs en février est une aberration écologique », déplore Nicolas Fescourt.

 

Objectif JO 2024


Avec une demande supérieure à l’offre de l’association, les fleurs d’Halage sont un succès. « Nous travaillons notamment pour l’hôtel Ritz et la fashion week. C’est très valorisant pour les personnes en insertion », sourit Nicolas Fescourt qui prévoit de produire « un peu moins de 140 000 tiges en 2020 », contre « 20 000 en 2019 » grâce aux surfaces de « Lil’O ».

 

Les projets en appellent d’autres. Nicolas Fescourt imagine déjà l’élaboration d’une « bourse aux fleurs » : « Des rendez-vous qui agrègent les agents de la filière horticole ». Une sorte « Rungis » des fleurs avec une offre « locale, écologique et responsable ». Mais surtout, le producteur vise les JO 2024 à Paris et espère produire les bouquets de l’événement. Halage a déjà remporté le marché de la végétalisation du village olympique.

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